Partager l'article ! 26 mai 1944, jour de douleur: Le bombardement de l'Ecole de Tardy Il faisai ...
Le bombardement de l'Ecole de Tardy
Il faisait beau ce vendredi là et pourtant le 26 mai 1944 est resté une journée sinistre dans la mémoire des Stéphanois.
Partis de Foggia (au sud de l’Italie), des Boeing B17 G Flying Fortress de l’armée américaine, en 3 vagues successives d'au moins 25 appareils chacune, lâchèrent à haute altitude (6 à 7 km), entre 10 h 17 et 10 h 35, au moins un millier de bombes sur la ville, faisant plus de 1 000 morts, de nombreux blessés et beaucoup de dégâts matériels.
La cible était la gare de triage et autres installations ferroviaires. Il s’agissait d’empêcher l’armée allemande de les utiliser.
Chambéry, Grenoble, Lyon et Nice reçurent aussi, le même jour, leurs lots de bombes.
A Saint-Etienne la gare de triage fut bel et bien touchée, mais néanmoins utilisable 3 jours après, moyennant des travaux de déblaiement intensifs.
Parmi les bâtiments civils atteints par ces bombardements imprécis figurait l’Ecole de Tardy où périrent 8 instituteurs et 24 élèves.
NB Cette école avait été inaugurée en 1933 par la municipalité Soulié.
De nos jours, sur la façade de l'école (reconstruction achevée en 1950), une plaque listant les noms des victimes rappelle ce moment affreux de notre histoire.
Elle est curieusement surmontée d’une Victoire de Samothrace, réplique de la statue du Louvre, réalisée par Gaston WATKIN, inaugurée en 1951, puis, suite à sa destruction par des vandales, reproduite par André LONGEON (sculpteur stéphanois qui avait son atelier rue Denis Papin).
Chaque année l’évènement fait l’objet d’une cérémonie officielle de commémoration.
Pour plus de précisions, se reporter à l'ouvrage de Marc SWANSON paru en 2004 aux Actes graphiques "Le bombardement de Saint-Etienne, pourquoi ?" disponible à la Médiathèque de Tarentaize.
Voir aussi le site "Histoire et patrimoine de Saint-Etienne" : link
Aujourd'hui encore ce douloureux épisode de l'histoire stéphanoise nous invite à réfléchir sur ce que les stratèges militaires baptisent un peu vite de "dommages collatéraux", à l'occasion de divers bombardements et autres frappes parfois qualifiées étrangement de "chirurgicales".